Feria de Carcassonne 2015 

Une grande MIURADA.
Des Dolorès AGUIRRE incompris.
Révélation d’une ganadéria, Aurora y Antonio MARTIN CAMPOS.

Samedi 29 août 2015 17h30

4 érales d’Aurora et Antonio MARTIN CAMPOS, très bien présentés, les 2 derniers avec déjà un trapio de « piquée »,
Jorge RICO de l’Ecole Taurine de Valence, (violet et noir)  1 oreille et silence
Tomas UBEDA du Centre Français de Tauromachie de Nîmes, (bleu très clair) 2 oreilles et oreille.

Temps chaud et lourd avec vent marin gênant pour les toreros.

Jorge RICO a paru un peu tendre face à ce bétail imposant mais qui engageait franchement, sans mouvement de tête parasite. Certes, gêné par un vent marin soufflant en rafales, le valencien a tout de même enchaîné quelques bonnes séries, avant de porter une estocade en place et foudroyante qui méritait l’oreille à elle seule. A noter la pose des banderilles par Marco LEAL très applaudi par le public. A son second, RICO a été débordé par l’imposant « novillo » sans jamais prendre le dessus. Silence.
Tomas UBEDA a été le triomphateur de la tarde. Après une bonne réception de son premier, il mit les 3 paires de palos avec aisance et brio qui enflammèrent Jean CAU. Toréant des 2 mains, accompagné par la musique, il fit une faena a gusto avec des séries allurées. Une épée en place mise avec conviction. Descabello. 2 oreilles.
A son dernier, à la morphologie de la piquée, il a continué dans l’euphorie de sa prestation précédente. Quelques beaux gestes, 2 premières paires de palos bien mises, mais la fin du show a été moins bonne, avec une paire volontairement non piquée et une quatrième de courtes mise en difficulté. Il n’a pas construit une faena dominatrice. Il a quand même montré son envie, des gestes allurés et son plaisir de la lidia, obtenant une oreille après une demie d’effet rapide.
Le ganadero a salué en piste.
Après une sortie a hombros, Tomas UBEDA, l’élève du CFT de Christian LE SUR et de Patrick VARIN a reçu une muleta des mains de Bernard PLANCHON (UCTPR). Les deux novilleros ont reçu des bouteilles de vin de Pays d’OC.

Dimanche 30 août  2015 – 11h :
Dolorès AGUIRRE victime de sa réputation.

6 novillos de Dolorès AGUIRRE, tous très bien présentés, lourds, armés astifinos, tous applaudis à l’entrée en piste et à l’arrastre (sauf le 3ième ). 2 piques chacun.
Borja ALVAREZ (vert olive et or) : silence et oreille
El ROQUE (noir et or) : applaudissements, silence
Guillermo VALENCIA (paille et or) : applaudissements, silence

Température estivale, fort vent marin gênant pour les toreros.

La corrida de Dolorès AGUIRRE a été gâchée par les cuadrillas, laissant un arrière goût de frustration. Les 6 novillos étaient certes bien présentés en trapio et en armure, mais ils auraient pu servir, s’ils n’avaient pas été trop châtiés aux piques, ce qui est incompréhensible. Dommage.
Ajoutons que le vent marin soufflant en rafale a aussi perturbé les piétons.

Borja ALVAREZ, est passé à côté d’un beau burraco qui promettait au capote. Hélas une première pique assassine, puis une seconde mise avec violence ont trop affaibli le brave novillo. Le début de faena est laborieux, la suite sans art, le Dolorès paraissant, et pour cause, statique et sans fond. Un pinchazo suivi d’une entière. Silence.
A son second, Borja montrait plus de détermination et d’envie. Après une première pique appuyée, la seconde fut moins lourde semblant avoir compris qu’un châtiment trop fort empêchait toute possibilité de bonne lidia. Le début ne soulève pas les tendidos, l’enchaînement des passes étant difficile. Puis le combat prit une autre dimension en toréant plus près. Il put alors enchaîner quelques séries applaudies des 2 mains, le novillo mettant bien la tête, mufle dans le sable. Le final est dans les cornes. Une entière qui libère la seule oreille de la matinée.
El ROQUE, comme Borja ALVAREZ revient après une année blanche pour blessure. Son premier, un negro bragado visite le ruedo et accélère soudain dans la cape du « ROQUE » qui assure. Piqué par le ganadero Antonio MARTIN CAMPOS le toro s’engage bien et reste longuement dans le peto. Le novillo se montre hésitant dans la charge pour la deuxième. C’est le seul tiers de piques à peu près correct. 2 bonnes paires de banderilles, la 3ième à la sauvette, accompagnées du beuglement lancinant du bicho. Le toro est réservé dans ses charges, le ROQUE s’arrime et tire quelques séries volontaires. Les rafales de vent redoublent de puissance. Le ROQUE se croise, se croise encore mais la troisième corne (celle du vent) engendre une cogida spectaculaire. Le ROQUE s’accroche à la corne assassine et se protège bien, cogida sans conséquence. A son retour il revient avec le tempérament qu’on lui connaît et oblige le toro sous les applaudissements. Une épée basse mais d’effet rapide, hélas toro relevé par le puntillero et retombant ensuite sur place. Applaudissements.
Le cinquième est fort, il désarme Le ROQUE lors de la mise en suerte au cheval. Première pique lourde, deuxième assassine ! Le novillo garde pourtant la tête haute, il devient difficile avec des coups de tête dans la muleta, quelques passes arrachées à l’unité. Pinchazo, entière tombée, silence.
Guillermo VALENCIA a montré son envie, sa détermination, mais comme ses compagneros il gâcha la matière nécessaire pour construire un succès, les toros ! Victimes de leur réputation de toros agressifs et violents, ils sont trop châtiés. Après un brindis au coprésident de Carcassonne AFICION, Marc TEULIE, la faena tourna court. Quelques brèves séries, le novillo mettait bien la tête, mais trop affaibli, il s’agenouilla et abandonna la lutte. 2 pinchazos une entière. Silence. Quelques applaudissement mais pour qui ? Guillermo ou le Dolorès ?
Le dernier de la matinée fait une entrée fougueuse, faisant même une roulade sur les flancs lors d’un retournement un peu brusque dans la cape du colombien. Le reste on le devine : persistance dans les erreurs, puyazasos, charges brusques avec un novillo qui met bien la tête, mufle au ras du sable. Faena au coup par coup. Déroute aux aciers avec 2 avis.

Au bilan, corrida décevante avec des novillos qu’on aurait aimé voir dans d’autres conditions.

 

Dimanche 30 août 2015 17 h30 :
Une grande MIURADA

6 novillos de MIURA de bien belle présentation, dans le type de la maison, hauts, puissants, robes variées, tous applaudis à l’entrée, tous applaudis à l’arrastre. 2 piques chacun.
Pablo BELANDO (vert et or): silence, vuelta
Vicente SOLER (bleu turquoise et blanc): oreille, salut au tiers après avis
Manuel VANEGAS (vert foncé et or): oreille et oreille.

Temps estival, vent marin gênant et asséchant la piste. Arrosage à plusieurs reprises.
Arène quasiment pleine.
Une minute d’applaudissements a été demandée en l’honneur du chirurgien taurin de l’équipe médicale des arènes de Carcassonne, Michel LAUVERNIER, récemment disparu.

Pablo BELANDO, qui revient depuis peu après une opération au genou qui l’a éloigné des ruedos près de 6 mois, fait preuve de détermination en accueillant son premier avec des capotazos à genoux, un clin d’œil à son opération ? Bien piqué les 2 fois par Daniel NAVALON « Lucerito » avec départ du centre pour la seconde rencontre. Le toro est noble, il embiste et met bien la tête. Le vent souffle, la faena est mobile, Pablo laisse passer ce novillo de qualité, il abrège le combat sans jamais l’avoir réellement déclenché. Une entière, le toro s’agenouille, relevé par le puntillero, un pinchazo a recibir  forcé suivi d’une entière concluante. Silence, applaudissements au novillo.
Pablo à son second revient avec une volonté affichée de combattre ces fameux MIURA qu’il n’avait jamais pu affronter. Le novillo embiste franchement, prend 2 petites piques et répond au cite à la montera de Vicente SOLER lors d’un quite. Applaudissements. Début de faena par 2 pendulaires au centre, Manolo essaye de construire une lidia artistique. Le novillo a besoin d’être sollicité pour charger, contrairement à ses frères qui venaient tous au moindre toque ou au coup de vent qui bougeait la flanelle. Pablo le fait et le novillo le permet, bonnes séries conclues à genoux et par un desplante en jetant les accessoires. Plaisant mélange de tauromachie classique et moderne. Applaudissements. Première tentative d’estocade dangereuse, le novillo a chargé en relevant la tête, puis entière d’effet rapide. Vuelta après pétition.
Vicente SOLER revenait aussi à Carcassonne après avoir toréé les AGUADULCE en 2013. Rapide entrée en matière avec de bons capotazos et 4 reboleras afaroladas au centre du ruedo. Après 2 piques de Marc ALLIEN prises sans grande bravoure, SOLER est ovationné pour la pause de 3 bonnes paires de palos.
L’entame de faena plait au public et au palco qui déclenche la musique. Le novillo charge de loin, le toro est bon et les « bien » « bien » fusent des gradins. Mais un Miura reste dangereux. Il se retourne très vite, surtout corne gauche, pourtant Vicente enchaîne les passes dans le dos, chiffonades, manoletinas pour conclure le combat d’une ½ d’effet rapide. Oreille, le puntillero gâchant la fin et peut être la deuxième oreille.
Le cinquième, « Maquinista » était le plus lourd de l’envoi. Bonne réception, GABIN a été applaudi en piquant proprement mais sans que le toro ne s’emploie vraiment. Tout se déroule comme au premier. 3 paires de palos applaudies chaleureusement. De bonne séries face à ce toro exigeant, SOLER s’adapte et l’oblige. Le combat est rude. Applaudissements. La sortie a hombros semble acquise. Mais la déroute aux aciers ne lui permet qu’un salut au tiers après avis.

Manuel VANEGAS a été à la hauteur de l’évènement. Le jeune vénézuélien a affronté les fauves de ZAHARICHE sans difficulté apparente, montrant son talent et son plaisir du toréo. Les MIURA se sont certainement assagis mais un MIURA reste un MIURA de part leur morphologie hors norme et leur tempérament violent, se retournant vite sur le piéton. Fi de tout cela, Manolo enchaîne des séries statuaires sous les « olés » et la musique. Le train sévillan cardeño mulato bouscule Manolo à chaque passage de la « côte en plus » ! Le novillo charge en allongeant le cou bouche fermée. Série de passes hautes finie à genoux. ½ efficace portée avec décision. 1 oreille amplement méritée.
Après le « Se Canta » chanté par le public et repris par la musique, la fête continue. Manuel lance le combat avec le cardeño « Amogador », après les 2 piques. Il réduit rapidement le périmètre. Sous la musique, il enchaîne des séries rapprochées se permettant de toréer les pieds fixés au sol et sans l’ayuda. Desplante à la mexicaine, muleta sur l’épaule. Une entière après un pinchazo libérait le pavillon synonyme de triomphe.

Vuelta chaleureuse en compagnie du mayoral RAPHAEL sous les yeux du ganadero Don Antonio MIURA et de son épouse. Manuel VANEGAS a été désigné triomphateur de la Féria 2015. Il a reçu le trophée en piste. Sortie a hombros sous les acclamations du public heureux et ravi par la qualité de cette MIURADA. L’histoire d’amour entre MIURA et CARCASSONNE AFICION continue.
Rendez vous  est pris pour l’édition MIURA 2016 !

En résumé, la Féria 2015 a été marquée par la présence des toros : découverte d’une ganadéria, Aurora y Antonio MARTIN CAMPOS, des Dolorès AGUIRRE compliqués et incompris, et une excellente MIURADA avec de valeureux combattants.
A noter que les sobreros, non utilisés, étaient de la famille GALLON.
JCB

 

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